C'est un dossier sensible au cœur de la santé publique. Pendant six mois, nos journalistes ont remonté les filières d'approvisionnement et de commercialisation des produits pharmaceutiques. Derrière les vitrines officielles des officines se cache une réalité plus complexe, marquée par des pénuries récurrentes, des circuits parallèles informels et un enjeu d'accessibilité financière criant.
L'enquête révèle que la dépendance du continent vis-à-vis des importations de principes actifs (principalement en provenance d'Asie) reste le talon d'Achille du secteur. Au moindre blocage logistique international, les stocks de médicaments essentiels (antipaludiques, antibiotiques) fondent comme neige au soleil, laissant les patients dans des situations critiques.
Face à ces failles, des laboratoires locaux commencent à émerger pour produire des médicaments génériques de qualité aux normes internationales. Cependant, le manque de financements à long terme et la concurrence déloyale des produits contrefaits freinent l'essor de cette industrie souveraine indispensable.
Les experts préconisent une harmonisation réglementaire stricte à l'échelle régionale pour sécuriser les chaînes logistiques et lutter plus efficacement contre les réseaux de contrefaçon. L'enjeu est de taille : garantir à chaque citoyen l'accès à des thérapies sûres, efficaces et financièrement abordables.