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Mode : Jeanne Messi Fouda utilise le kimono comme trait d’union entre l’Afrique et le monde

À Paris, la Camerounaise Jeanne Messi Fouda revisite le kimono japonais en y mêlant influences africaines et élégance française. Avec sa marque Kiru’Mono, elle défend une création artisanale, produite en petites séries et pensée pour sortir des frontières.

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Rédigé parBenedicta Azombo
Mode : Jeanne Messi Fouda utilise le kimono comme trait d’union entre l’Afrique et le monde
Illustration Excellence Tribune - Droits Réservés

Tout commence lors d’un voyage en Guadeloupe. Pour l’occasion, la Camerounaise Jeanne Messi Fouda se fait confectionner un kimono en tissu africain. Les réactions qu’elle reçoit alors entre l’aéroport d’Orly et son arrivée dans les Caraïbes l’encouragent à poursuivre l’idée. De retour à Paris, elle travaille sur ses propres modèles et lance Kiru’Mono en fin d’année 2019.

Depuis, le kimono est devenu la pièce emblématique de la marque. Mais Jeanne Messi Fouda, également connue sous le nom de Mademoiselle Jan, ne cherche pas à reproduire à l’identique le vêtement japonais. Elle veut lui donner une autre allure en faisant se rencontrer plusieurs univers. Kiru’Mono revendique ainsi un mélange entre « l’esthétisme japonais, la culture africaine et l’élégance française », explique-t-elle dans un entretien avec RFI.

Du kimono japonais à une signature africaine

Cette rencontre entre les cultures se retrouve dans les collections de Kiru’Mono. En 2021, la marque lance Nkukuma, une collection inspirée du Cameroun et du fleuve Wouri. Son nom signifie « chef » en ewondo, une langue parlée par les Beti. Cette collection rend aussi hommage à Isabelle, la grand-mère de Jeanne Messi Fouda, présentée comme cheffe de village.

Cependant, la créatrice accorde une attention particulière au choix des matières, notamment la soie, le coton et la suédine. La marque privilégie aussi les petites séries et les modèles en nombre limité afin de porter une attention particulière à chaque pièce.

Au fil des collections, Jeanne Messi élargit son offre avec des pantalons, des crop tops et des bijoux. Kiru’Mono se lance également dans la maroquinerie avec des sacs et des sandales en cuir confectionnés avec des artisans sénégalais.

Lancée en 2022, la collection Kappuru présente quant à elle le kimono comme une pièce mixte, pensée aussi bien pour les femmes que pour les hommes.

Pour Jeanne Messi, son travail va aussi au-delà de la création de vêtements. En Côte d’Ivoire, elle participe à des formations en artisanat créatif avec des organisations comme Solidarité Laïque, où elle transmet ses méthodes et son expérience à des personnes qui souhaitent développer leurs propres projets.

Du kimono japonais aux références camerounaises, en passant par le savoir-faire d’artisans africains, elle cherche à faire voyager son univers au-delà des frontières.

Quand le patrimoine camerounais devient matière à création

Aujourd’hui, les créateurs camerounais s’inspirent des matières, motifs et savoir-faire du patrimoine pour les adapter à la mode contemporaine. Cette évolution est aussi soutenue par des initiatives comme le Centre des Créateurs de Mode du Cameroun (CCMC), qui accompagne les professionnels du secteur.

En mai 2026, le Forum des Métiers de la Mode, du Design et de l’Artisanat a également mis en avant cette volonté de valoriser la création camerounaise et de l’ouvrir davantage à l’international.

Le parcours de Jeanne Messi montre qu’une création peut s’inspirer de plusieurs cultures sans perdre son identité. À travers Kiru’Mono, elle part du kimono japonais, y intègre des références africaines et développe son univers depuis Paris.

Du Cameroun à Paris, Jeanne Messi Fouda construit ainsi une mode qui voyage entre le Japon, l’Afrique et la France. Avec Kiru’Mono, son kimono devient plus qu’un vêtement : une signature qui porte son identité camerounaise au-delà des frontières.

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