Le Sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA) s'est clôturé ce mercredi à Addis-Abeba sur une note d'espoir et d'engagement ferme. Face aux défis économiques mondiaux et à la nécessité impérieuse de créer des emplois pour une jeunesse de plus en plus nombreuse, les dirigeants africains ont adopté à l'unanimité le plan d'action pour l'industrialisation accélérée du continent (PAIAC 2035). Ce document cadre trace la voie pour doubler la part du secteur manufacturier dans le PIB africain au cours de la prochaine décennie.
Dans son discours de clôture, le président en exercice de l'UA ha insisté sur l'urgence d'une rupture avec le modèle économique traditionnel basé sur l'exportation de matières premières brutes. « Nous ne pouvons plus nous contenter d'être les fournisseurs de ressources du reste du monde. L'Afrique doit transformer ses minerais, ses produits agricoles et ses ressources énergétiques sur son propre sol pour créer de la valeur ajoutée et des emplois qualifiés », a-t-il martelé sous les applaudissements de l'assemblée.
La feuille de route met un accent particulier sur le développement d'infrastructures de transport transfrontalières et l'harmonisation des réglementations industrielles dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les experts s'accordent à dire que la suppression des barrières douanières internes est le catalyseur indispensable pour attirer des investissements massifs dans les industries manufacturières régionales.
Cependant, plusieurs défis de taille subsistent, notamment le financement de ces projets pharaoniques et le déficit énergétique persistant dans de nombreuses régions. Pour y remédier, l'Union africaine envisage la création d'un Fonds africain pour le développement industriel, financé en partie par des mécanismes de taxation innovants et des partenariats public-privé renforcés. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la volonté réelle des États membres de traduire ces résolutions en réformes concrètes sur le terrain.