Sécurité : Le Cameroun muscle sa riposte contre les financements terroristes à Paris
Présent à La 5e Conférence Ministérielle Internationale « No Money For Terror » Tenue à Paris Le 19 Mai 2026, Le Cameroun A Réaffirmé Sa Volonté De Renforcer La Traque Des Flux Financiers Illicites. Entre Contrôle Des Cryptomonnaies, Coopération Internationale Et Reconstruction Des Zones Fragilisées Par Les Conflits, Yaoundé Veut Se Positionner Comme Un Acteur Clé De La Sécurité Financière En Afrique Centrale.
Le Cameroun veut couper les vivres au terrorisme. Le 19 mai 2026 à Paris, le pays a pris part à la 5e édition de la conférence ministérielle internationale « No Money For Terror » (NMFT), un rendez-vous stratégique consacré à la lutte contre le financement des groupes terroristes à travers le monde. Conduite par le ministre des Finances Louis Paul Motaze, la délégation camerounaise a défendu une ligne claire : renforcer les mécanismes de surveillance financière pour empêcher les réseaux criminels de prospérer.
Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans le bassin du lac Tchad et les tensions dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, cette participation revêt une importance particulière pour Yaoundé. Car derrière les attaques terroristes se cachent des circuits financiers souvent complexes, alimentés par les rançons, les trafics, l’extorsion ou encore l’exploitation illégale des ressources locales.
À Paris, les échanges ont notamment porté sur les nouveaux outils utilisés par les groupes terroristes pour contourner les systèmes de contrôle classiques. Cryptomonnaies, plateformes de financement participatif, messageries cryptées ou encore réseaux sociaux sont désormais au cœur des préoccupations des États. Des technologies qui favorisent parfois l’anonymat et compliquent le travail des cellules de renseignement financier comme l’ANIF au Cameroun. Face à ces mutations, les participants ont insisté sur la nécessité d’un encadrement plus strict des actifs virtuels. Le renforcement des normes du Groupe d’action financière (GAFI) apparaît ainsi comme un levier majeur pour contraindre les plateformes numériques et les opérateurs financiers à collaborer davantage avec les autorités.
Autre sujet majeur de cette édition : la réintégration économique des territoires libérés de l’emprise terroriste. Une problématique directement liée au Cameroun, engagé dans des efforts de reconstruction dans l’Extrême-Nord ainsi que dans les régions anglophones. L’objectif est de rétablir les circuits économiques officiels, favoriser le retour des services bancaires et sécuriser les financements internationaux destinés aux populations affectées. Les travaux se sont achevés par l’adoption d’une déclaration commune réaffirmant la poursuite de « l’Agenda de Paris », lancé en 2018. Les États participants ont plaidé pour une coopération renforcée entre gouvernements, banques et entreprises technologiques afin de faciliter le partage rapide d’informations financières sensibles.
En affichant son engagement dans cette dynamique internationale, le Cameroun cherche aussi à rassurer les investisseurs sur la solidité de son système financier et sa capacité à faire face aux nouvelles menaces économiques liées au terrorisme.
BELS

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