Cameroun : 21e économie industrielle d’Afrique, mais un immense potentiel de création de valeur
Malgré Son Statut De Locomotive économique De L'Afrique Centrale, Le Cameroun Ne Figure Qu'à La 21e Place Du Classement Des Pays Les Plus Industrialisés Du Continent Selon L'Indice Africain De L'industrialisation 2025 Publié Par La Banque Africaine De Développement (BAD), En Partenariat Avec L'Union Africaine Et L'ONUDI.
Une position qui interpelle, mais qui révèle surtout l'ampleur du potentiel encore inexploité du pays en matière de création de valeur. Avec un score de 0,5547, le Cameroun se situe derrière plusieurs économies africaines comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Gabon ou encore la République démocratique du Congo. Pourtant, le pays dispose de nombreux atouts : une agriculture diversifiée, d'importantes ressources minières, une position géographique stratégique et un marché de plus de 30 millions de consommateurs. Cette situation met en lumière un paradoxe : le Cameroun produit beaucoup de matières premières, mais en transforme encore très peu localement.
Le défi de la transformation locale
Chaque année, des millions de tonnes de cacao, de café, de coton, de bois ou encore de minerais quittent le Cameroun sous forme brute. En exportant principalement des matières premières non transformées, le pays abandonne une grande partie de la richesse générée tout au long de la chaîne de valeur. Par exemple, une fève de cacao transformée en chocolat génère plusieurs fois plus de revenus qu'une fève exportée à l'état brut. Le même constat s'applique au bois, au coton ou au minerai de fer. Les pays qui dominent aujourd'hui les classements industriels sont ceux qui ont réussi à développer leurs capacités de transformation, de fabrication et d'exportation de produits finis à forte valeur ajoutée.
Une opportunité historique avec les grands projets industriels
Le Cameroun dispose toutefois de plusieurs leviers pour accélérer son industrialisation. Les projets miniers de Mbalam-Nabeba, le développement de la sidérurgie, la montée en puissance de l'agro-industrie, les investissements dans l'énergie ainsi que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offrent de nouvelles perspectives. L'exploitation du fer de Mbalam-Nabeba pourrait notamment permettre la création d'une véritable industrie métallurgique locale, capable de produire de l'acier destiné aux marchés camerounais et africains. De même, le développement de filières de transformation du cacao, du café, du manioc ou du coton pourrait générer des milliers d'emplois industriels et accroître les recettes d'exportation. L'exploitation du fer de Mbalam-Nabeba pourrait notamment permettre la création d'une véritable industrie métallurgique locale, capable de produire de l'acier destiné aux marchés camerounais et africains. De même, le développement de filières de transformation du cacao, du café, du manioc ou du coton pourrait générer des milliers d'emplois industriels et accroître les recettes d'exportation. La valeur ajoutée, clé de la souveraineté économique Au-delà des chiffres, la question de la valeur ajoutée est devenue un enjeu de souveraineté économique. Les pays qui créent le plus de richesse sont ceux qui maîtrisent la transformation de leurs ressources, l'innovation technologique et les chaînes de production. Le classement de la BAD ne doit donc pas être perçu uniquement comme un retard, mais comme un indicateur du chemin qu'il reste à parcourir. Avec ses ressources naturelles, son potentiel énergétique et sa position de leader économique en Afrique centrale, le Cameroun possède les bases nécessaires pour devenir un acteur industriel majeur du continent. Un défi à transformer en ambition nationale L'enjeu pour les prochaines années sera de faire passer l'économie camerounaise d'un modèle essentiellement fondé sur l'exportation de matières premières à une économie davantage orientée vers la transformation locale et la production industrielle. Si cette transition est réussie, le Cameroun pourrait non seulement intégrer le Top 10 africain de l'industrialisation, mais surtout créer davantage de richesses, d'emplois qualifiés et de revenus pour sa population. Le véritable défi n'est donc pas seulement d'extraire davantage de ressources, mais de les transformer localement afin que la valeur créée profite pleinement à l'économie nationale.
Aissatou Amirah

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