Très tôt, la technologie devient toutefois son terrain d’exploration privilégié. Ordinateurs, téléphones, Internet : le jeune garçon peut passer des heures à comprendre, tester et explorer. Mais derrière cette fascination se cache surtout une volonté profonde : pouvoir faire les choses par lui-même.
« J’ai toujours détesté dépendre de quelqu’un d’autre »,
explique-t-il. Cette recherche d’autonomie devient progressivement un moteur. Apprendre vite, comprendre rapidement et acquérir de nouvelles compétences deviennent pour lui une manière de réduire sa dépendance aux autres.
À 13 ans, déjà diplômé du secondaire
Son parcours scolaire est à l’image de cette soif d’apprentissage. À seulement 13 ans, Haris termine le lycée. Une performance exceptionnelle qu’il ne perçoit pourtant pas immédiatement comme telle. À l’époque, il considère cette réussite comme une étape presque normale de son parcours. Ce n’est qu’avec le recul qu’il mesure le caractère inhabituel de ce qu’il vient d’accomplir.
Cette précocité ne semble toutefois pas avoir été imposée par ses parents. Ceux-ci ont plutôt choisi de l’accompagner avec discrétion, sans transformer chacune de ses réussites en événement. Même après sa victoire à un concours international d’intelligence artificielle, Haris décrit une réaction familiale relativement sobre.
L’intelligence artificielle comme nouvelle frontière
Pour Haris, le choix de l’informatique et de l’intelligence artificielle apparaît presque comme une évidence. La technologie lui offre ce qu’il recherche depuis toujours : la possibilité de créer, d’expérimenter et de résoudre des problèmes de manière autonome. Mais l’intelligence artificielle représente quelque chose de plus.
Elle constitue, à ses yeux, l’une des technologies les plus fascinantes parce qu’elle cherche à reproduire certaines capacités associées à l’intelligence humaine. Ses possibilités pour les prochaines années nourrissent donc sa curiosité autant que son ambition.
À 15 ans, cette passion le conduit à participer à un hackathon international consacré à l’IA. Face à des concurrents parfois beaucoup plus expérimentés, il ne mise pas nécessairement sur l’idée la plus spectaculaire. Son choix est différent : aller jusqu’au bout.
Son projet est pensé comme un produit terminé, fonctionnel et utilisable
Le pari s’avère payant. Haris remporte le concours. Lorsqu’il découvre son nom en première position, le choc laisse rapidement place à la joie et à la fierté. Pour lui, cette victoire confirme surtout une conviction : dans la technologie, une bonne idée ne suffit pas. La capacité à la transformer en un système réellement opérationnel peut faire toute la différence.
Après cette victoire, l’idée de créer sa propre structure commence à prendre forme. Des échanges avec des professionnels de l’automatisation lui font prendre conscience d’une opportunité. Dans sa petite ville, peu de personnes travaillent encore sur ces technologies. Être parmi les premiers à proposer aux entreprises des solutions d’intégration de l’IA pourrait donc représenter un avantage considérable dans les prochaines années.
C’est ainsi que naît DICSIO, une structure dédiée à la conception et au déploiement d’agents IA et de systèmes d’automatisation.
L’objectif est clair : aider les entreprises à réduire le temps consacré aux tâches répétitives et à automatiser certaines opérations. Agents vocaux capables de répondre aux appels et de prendre des rendez-vous, chatbots destinés au support client, automatisation de la gestion des prospects : DICSIO cherche à intégrer l’intelligence artificielle directement dans les processus de travail des entreprises. La philosophie de Haris tient en une phrase : construire des systèmes qui fonctionnent réellement, plutôt que de simples démonstrations technologiques.
Son projet Sentinelle illustre cette approche. Le système, qui lui a permis de remporter son hackathon, est conçu pour gérer de bout en bout les demandes de maintenance entre propriétaires et locataires, sans intervention humaine.
Autaline, une autre aventure entrepreneuriale
En parallèle de DICSIO, Haris est également cofondateur et Head of AI Systems chez Autaline. Il y supervise la conception de la partie intelligence artificielle de la plateforme. Son travail porte notamment sur des agents vocaux et des systèmes de messagerie bilingues, en français et en anglais, destinés à accueillir les clients et à les mettre en relation avec des professionnels de la coiffure.
Mais son rôle ne se limite pas à la technologie. Haris participe également à certains aspects marketing, notamment à la manière de présenter les solutions développées et de positionner la plateforme.
Une double casquette qui traduit son profil : à la fois technicien, constructeur et entrepreneur
À 16 ans, gérer des études, deux projets entrepreneuriaux et plusieurs parcours en parallèle pourrait sembler impossible. Haris affirme pourtant avoir trouvé son équilibre grâce à une organisation très personnelle. Il s’est construit son propre programme et s’impose une discipline stricte pour avancer sur chacun de ses projets sans en abandonner aucun.
Cette capacité d’organisation semble être l’un des piliers de son parcours. Car derrière les performances scolaires et les titres obtenus se trouve surtout une méthode : apprendre rapidement, travailler avec constance et surtout transformer les connaissances acquises en réalisations concrètes.
Le parcours de Haris Folas raconte finalement quelque chose de plus large : celui d’une génération africaine qui entend participer directement à la construction des technologies de demain.
À 16 ans, il ne se présente pas comme un simple passionné d’intelligence artificielle. Il veut construire des entreprises, déployer des systèmes et créer des solutions capables de répondre à des besoins réels.
Son ambition n’est donc pas seulement de comprendre l’IA, mais de l’utiliser pour créer. Haris Folas a 16 ans. Mais dans son univers, l’âge semble compter moins que ce que l’on est capable de construire.