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Gertrude Mbia : 11 ans avec le VIH, de l’épreuve à la force de vivre

Depuis onze ans, Gertrude Mbia vit avec le VIH. Une réalité qu’elle a progressivement appris à accepter et à intégrer dans son quotidien. Aujourd’hui, elle a choisi de mettre son expérience au service des autres, particulièrement des femmes vivant avec le VIH. À travers VIHVRE, l’association qu’elle a fondée, cette Camerounaise mène des actions d’accompagnement, de sensibilisation et de dépistage. Son objectif est de contribuer à réduire la stigmatisation et d’aider les personnes concernées à retrouver confiance en elles et à poursuivre leurs projets.

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Rédigé parAissatou Amirah
Gertrude Mbia : 11 ans avec le VIH, de l’épreuve à la force de vivre
Illustration Excellence Tribune - Droits Réservés

À l’annonce de son diagnostic, Gertrude Mbia est confrontée à de nombreuses craintes. Elle connaît les préjugés associés au VIH et redoute notamment le rejet, le regard des autres et les conséquences que cette nouvelle pourrait avoir sur sa vie.

Pendant un temps, elle choisit de garder le silence et s’isole. Elle doit alors apprendre à vivre avec son statut sérologique et à prendre en charge sa santé. Progressivement, elle comprend que cette situation ne doit pas l’empêcher de continuer à vivre normalement.

« J’ai arrêté de chercher à vouloir être la même femme qu’hier, qui n’avait pas le VIH », dit-elle.

Cette évolution passe notamment par l’acceptation de sa situation et par la volonté de continuer à avancer malgré les difficultés.

De la vulnérabilité à l’engagement

Pour Gertrude, l’expérience du VIH ne se résume pas à la question du traitement médical. Elle constate également les conséquences du manque d’information, de la stigmatisation et de l’isolement sur les personnes concernées.

Elle s’interroge alors sur l’accompagnement dont peuvent bénéficier les personnes nouvellement diagnostiquées. Au-delà des soins, elle estime qu’elles ont besoin d’un espace où elles peuvent être écoutées, informées et accompagnées pour continuer à construire leur vie.

« Je voulais savoir quel est le mode d’emploi pour vivre avec le VIH dans un monde qui vous rejette. Je ne trouvais pas cet espace-là. Alors, je l’ai créé. »

Créée officiellement en 2025, VIHVRE propose aujourd’hui un accompagnement psychosocial, des activités de sensibilisation, d’éducation et de dépistage. L’association cherche ainsi à accompagner les personnes vivant avec le VIH sans les réduire à leur statut sérologique.

Les femmes au cœur de son combat

Gertrude Mbia accorde une place particulière aux femmes vivant avec le VIH. Pour elle, les difficultés liées à la maladie et à la stigmatisation peuvent affecter leur confiance en elles et leur capacité à poursuivre leurs projets.

Les programmes de VIHVRE destinés aux femmes visent notamment à renforcer leur estime d’elles-mêmes, à les encourager à reprendre leurs projets et à les rendre davantage actrices de leur santé et de leur bien-être.

Les hommes sont également concernés par les actions de l’association, mais les femmes restent au centre de cette démarche. Gertrude souhaite surtout leur permettre de ne plus subir leur situation et de retrouver leur capacité à faire des choix pour leur propre vie.

Son véritable adversaire : le regard des autres

Pour Gertrude, la prise en charge du VIH a beaucoup évolué, mais la stigmatisation demeure un problème important. Les préjugés et le manque d’information peuvent avoir des conséquences sur la manière dont les personnes vivant avec le VIH sont perçues, mais aussi sur la manière dont elles se perçoivent elles-mêmes.

C’est pourquoi elle insiste sur la nécessité de mieux informer le public et de favoriser davantage d’empathie et de compréhension. Lorsqu’une personne ne dispose pas des bonnes informations, elle estime qu’il vaut mieux éviter le jugement.

Son travail repose également sur la sensibilisation. Elle insiste notamment sur la nécessité de distinguer le VIH du sida, deux notions qui restent encore souvent confondues.

Gertrude consacre désormais son activité à VIHVRE. Pour les prochaines années, elle souhaite faire de l’association une référence dans l’accompagnement psychosocial des personnes vivant avec le VIH au Cameroun.

Son projet associatif s’accompagne également d’aspirations personnelles. Elle souhaite, avec l’aide de Dieu, construire un foyer, avoir des enfants et un mari.

Pour elle, ces projets peuvent parfaitement coexister avec son engagement auprès des personnes vivant avec le VIH. Son statut sérologique ne doit pas déterminer les limites de sa vie personnelle ou professionnelle.

En octobre, VIHVRE doit ouvrir sa première cohorte d’accompagnement destinée aux femmes vivant avec le VIH. Le programme s’adresse à des femmes qui souhaitent notamment travailler sur elles-mêmes, retrouver confiance et reprendre une place active dans leur propre parcours.

Une femme debout

Gertrude Mbia ne se considère pas comme une héroïne. Elle se décrit plutôt comme une personne attachée à la simplicité et à la discrétion. Elle reconnaît d’ailleurs avoir parfois envie de s’éloigner lorsqu’elle est reconnue pour son travail.

Son parcours témoigne néanmoins d’une évolution importante. Onze ans après son diagnostic, elle continue de travailler, de porter des projets et de s’engager auprès d’autres personnes vivant avec le VIH.

À travers VIHVRE, elle transforme ainsi son expérience en action et cherche à montrer qu’un diagnostic de VIH n’empêche pas de poursuivre ses projets et de construire son avenir.

Onze ans après l’annonce de son statut sérologique, Gertrude Mbia a choisi de continuer à vivre et d’aider d’autres femmes à en faire autant.

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