De son vrai nom Yves Amara, le musicien camerounais est d’aire culturelle Sawa et l’aîné de sa famille. Issu d’une lignée de musiciens, dont ses grands-parents faisaient partie, il entre pour la première fois en studio en classe de Première, en 1999.
Après l’obtention de son baccalauréat , il suit une formation dans le domaine de l’informatique et devient développeur de logiciels et d’applications en 2004.
« J’ai roulé ma bosse dans l’informatique, j’ai pu accumuler un petit peu de moyens pour pouvoir me lancer professionnellement maintenant. »
Le déclic
Cardiaque de naissance, KAYAZO est victime d’une crise en 2023, alors qu’il se trouve avec des colocataires à Strasbourg. Il perd alors connaissance et est déclaré mort pendant quelques minutes selon ses propos.
« Le temps que les urgences arrivent pour me transporter à l’hôpital, ils sont arrivés 03 minutes plus tard et m’ont déclaré mort. »
Trois minutes qui, selon lui, représentent bien plus qu’une simple interruption de la vie.
« En ces 03 minutes, moi, j’ai fait presque 3 ans dans l’au-delà. »
Il aurait alors revu sa grand-mère, décédée en 2008. Celle-ci lui aurait notamment appris les bases de sa langue maternelle.
« Elle m’a dit qu’elle me l’enseignait pour que je m’en serve, que je valorise ma culture. »
À son réveil, son amour pour la musique s’intensifie. Il décide alors de se consacrer davantage aux remixes d’anciens succès musicaux camerounais, auxquels il ajoute sa touche personnelle. Sa particularité : mêler sa voix à plusieurs langues , dont sa langue maternelle, l’anglais, le russe, le wolof, le bambara ou encore le lingala.
Le choix des musiques est, lui aussi, particulier.
« Des fois, je me retrouve dans le monde où j’étais pendant ma crise, et donc je revois encore ma grand-mère qui me propose des sons. »
KAYAZO dit ainsi puiser son inspiration auprès de ses ancêtres, notamment à travers ses rêves. C’est également dans cet univers onirique que prend place un élément devenu emblématique de son personnage : la fameuse tasse.
Le mythe de la tasse et du peignoir
Selon Yves Amara, alias KAYAZO, la tasse lui permet de se déconnecter du monde de ses rêves.
« La tasse, c’est la boisson chaude qui me permet de sortir du monde des rêves, pour appartenir au monde réel. »
Son contenu ? Mystère.
« Ce qu’il y a dans ma tasse reste dans ma tasse. »
Quant au peignoir, il l’a acheté dans une boutique ordinaire. C’est d’ailleurs vêtu de celui-ci qu’il réalise son premier remix, peu après son expérience de « l’au-delà ». La vidéo rencontre un véritable succès sur les réseaux sociaux. KAYAZO décide alors d’en faire une partie intégrante de son identité artistique.
Un artiste avant d’être un remixeur
L’artiste camerounais ne se contente pas de remixer des hits. Il se présente avant tout comme un musicien et un compositeur. Pourtant, certains peinent encore à le considérer comme tel. Pour répondre à « ces mauvaises langues », il décide de sortir son propre titre, « Akòlòlò Bass Bass ».
À travers cette chanson, il souhaite non seulement faire danser les Camerounais, mais aussi démontrer à ses détracteurs qu’il est capable de produire ses propres morceaux.
Pour autant, KAYAZO ne compte pas abandonner les remixes. Il entend continuer à en proposer tout au long de sa carrière, afin de satisfaire un public qui s’est attaché à cet univers musical particulier.
« Les remixes, ça m’a ouvert une porte que je ne vais pas refermer. »
Alors qu’il effectuait son premier enregistrement en studio en 1999, c’est seulement 27 ans plus tard que l’artiste camerounais connaît véritablement le succès auprès du grand public.
Un parcours qui rappelle qu’il faut parfois des années de travail avant de voir ses efforts porter leurs fruits.