Née au Royaume-Uni, Elsa Zekeng a été élevée au Cameroun et la fille du Dr Léo Zekeng, figure majeure de la lutte contre le VIH/sida. À seulement 17 ans, elle s’engage déjà auprès de l’UNICEF et de l’OIM. Cinq ans plus tard, elle répond à l’appel de l’OMS et se retrouve en Guinée en pleine épidémie d’Ébola, travaillant jusqu’à 14 heures par jour pour tester des patients. Un choc, mais surtout une prise de conscience : la médecine n’est pas faite pour tout le monde de la même façon.
Elsa suit des études de biologie moléculaire avant de se spécialiser en maladies infectieuses. C’est en observant ces limites sur le terrain qu’Elsa réalise à quel point certaines populations sont absentes des données qui façonnent la médecine mondiale.
Aujourd’hui, moins de 2 % des génomes analysés dans le monde sont africains. Une absence qui mène à des diagnostics faussés et à des traitements parfois inefficaces, surtout pour les femmes et les minorités.
Une réponse : créer SökerData
En 2023, Elsa lance SökerData, une start-up basée à Londres qui centralise, nettoie et analyse des données de santé issues de populations longtemps ignorées. Sa plateforme permet aux hôpitaux et aux chercheurs d’accéder enfin à des données diversifiées, indispensables pour développer des médicaments réellement adaptés à tous.
« Nous avons été trop longtemps mal diagnostiquées, explique-t-elle. SökerData est là pour changer cela. »
La jeune entreprise a déjà levé près de 150 000 livres, collecté plus de 16 000 échantillons et signé un contrat à six chiffres avec un géant pharmaceutique mondial.
Une science utile, accessible et humaine
Au-delà de la technologie, Elsa défend une vision, une recherche qui sert les gens, pas uniquement les publications scientifiques.
Elle siège dans plusieurs conseils spécialisés au Royaume-Uni et s’engage aussi pour l’autonomisation des femmes.
Avec calme et détermination, Elsa Zekeng s’impose comme l’une des nouvelles voix africaines qui défendent une médecine réellement inclusive.
Et si la médecine de demain devenait enfin universelle, ce sera aussi grâce à des femmes comme Elsa Zekeng, celles qui rappellent au monde que la science ne sauve vraiment que lorsqu’elle n’oublie personne.